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    POÈME D’hier

     

    Anonymes

     

     

    Chanson du

    XVIIIe siècle 

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    LA BELLE

     

    EST AU JARDIN

     D’AMOUR

     

     

     

     

    La belle est jardin d’amour,

    Voila un mois ou six semaines.

    Son père la cherche partout,

    Et son amant qu’est bien en peine :

     

    Faut demander à ce berger

    S’il la pas vue dedans la plaine :

    « Berger, berger, n’as-tu point vu

                            Passer ici la beauté même ?              

     

    - Comment donc est elle vêtue,

    Est ce de soie ou bien de laine ?

    - Elle est vêtue de satin blanc.

    Dont la doublure est de futaine.

     

    - Elle est là bas dans ce vallon,

    Assise au bord d’une fontaine :

    Entre ses mains tient un oison,

    La belle lui compte ses peines.

     

    - Petit oison, tu es heureux,

    D’être entre les mains de la belle !

    Et moi, qui suis son amoureux,

    Je ne puis pas m’approcher d’elle.

     

    Faut il être au près du ruisseau,

    Sans pouvoir boire a la fontaine ?

    - Buvez, mon cher amant, buvez,

    Car cette eau là est souveraine.

     

    - Faut il auprès du rosier

    Sans pouvoir cueillir la rose ?

    - Cueillissez la, si vous voulez,

    Car c’est pour vous qu’elle est éclose. »

     

     

     

     

     

     

    Diffusion François Beauval

    1ér trimestre 1975

     

    J-G-R-C- 

     

     

     

     


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    POÈME D’hier

     

    Sully PRUDHOMME

    1839– 1907

     

     

     

     

     

     

     

    LES  YEUX

     

     

     

     

     

    Bleus ou noirs, tous aimés, tous beaux :

    Des yeux sans nombre on vu l’aurore :

    Ils dorment au fond des tombeaux

    Et le soleil se lève encore.

     

    Les nuits plus douces que les jours

    Ont enchanté des yeux sans nombre :

    Les étoiles brillent toujours

    Et les yeux se sont remplis d’ombre.

     

    Oh ! qu’ils aient perdu le regard

    Non, non, cela n’est pas possible,

    Ils se font tournés quelque part

    Vers ce qu’on nomme l’invisible !

     

    Comme les astres penchants

    Nous quittent, mais au ciel demeurent.

    Les prunelles ont leurs couchants,

    Mais il n’est pas vrai qu’elles meurent :

     

    Bleus ou noirs, tous aimés, tous beaux,

    Ouverts à quelque immense aurore,

    De l’autre coté des tombeaux

    Les yeux qu’on ferme voient encore.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Diffusion François Beauval

    1ér trimestre 1975

     

    J-G-R-C- 

     

     

     

     

     

    BRÈVE  03/09/2015  R 

    SI NOUS NE SOMMES PAS ENCORE RENTRES 

    CELA NE DEVRAIT PAS TARDER


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    POEME D’hier

     

    BAUDELAIRE Charles

    1821 – 1867

     

     

     

     

     

     

      A UNE

     PASSANTE

     

     

     

     

    La rue assourdissante autour de moi hurlait,

    Longue, mince, en grand deuil, douleur majestueuse,

    Une femme passa, d’une main fastueuse

    Soulevant , balançant le feston et l’ourlet ;

     

     

    Agile et noble, avec sa jambe de statue.

    Moi, je buvais crispé comme un extravagant,

    Dans son œil, ciel livide ou germe l’ouragan,

    La douceur qui fascine et le plaisir qui tue.

     

     

    Un éclair… puis la nuit ! – fugitive beauté

    Dont le regard m’a fait soudainement renaître,

    Ne te verrais je plus que dans l’éternité ?

     

     

    Ailleurs, bien loin d’ici ! trop tard ! jamais peut être !

    Car j’ignore ou tu fuis, tu ne sais ou je vais,

    O toi que j’eusse aimée, O toi qui le savais ! 

     

     

      

     

     

     

     

     

    Diffusion François Beauval

    1ér trimestre 1975

     

    J-G-R-C

     

     

     

     

     

     

     


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    POEME D’hier

     

     

    JAMMES Francis

    1868 - 1938

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    TU SERAS NUE…

     

     

     

     

     

    Tu seras nue dans le salon aux vieilles choses,

    Fine comme un fuseau de roseau de lumière,

    Et les jambes croisées, auprès du feu rose,

    Tu écouteras l’hiver.

     

     

    A tes pieds, je prendrais dans mes bras

     tes genoux.

    Tu souriras, plus gracieuse qu’une branche d’osier,

    Et, posant mes cheveux à ta hanche douce,

    Je pleurerais que tu sois si douce.

     

     

    Nos regards orgueilleux se feront bons pour nous,

    Et, quand je baiserais ta gorge, tu baisseras

    Les yeux en souriant vers moi et laisseras

    Fléchir ta nuque douce.

     

     

    Puis, quand viendra la vieille servante malade

    et fidèle

    Frapper à la porte en nous disant : le dîner

     est servi,

    Tu auras un sursaut rougissant, et ta main frêle

    Préparera ta robe grise.

     

     

    Et tans dis que le vent passera sous la porte,

    Que ta pendule usée sonnera mal,

    Tu mettras tes jambes au parfum d’ivoire

    Dans leurs petits étuis noirs.

     

     

     

     

     

    Diffusion François Beauval

    1ér trimestre 1975

     

    J G R C

     

     

     

     

     

     


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    POEME D'HIER    18/06/2015  R

     

     

     

     

     

     

     

    POEME D’hier

     

     

    Henri de REGNIER

    1864 – 1936

     

     

     

     

     

     

     

    LE REPOS

     APRES L’AMOUR

     

     

     

    Nul parfum n’est plus doux que celui d’une rose

    Lorsque l’on se souvient de l’avoir respiré

    Ou quand l’ardent flacon, ou son âme est enclose,

    En conserve au cristal l’arome capturé.

     

    C’est pourquoi, si j’avais avec fièvre et délice

    J’ai senti votre corps renversé dans mes bras

    Après avoir longtemps souffert l’acre supplice

    De mon désir secret que vous ne saviez pas,

     

    Si, tour à tour, muet, pressant, humble, farouche,

    Rodant autour de vous dans l’ombre, brusquement,

    J’ai fini par cueillir la fleur de votre bouche,

    O vous, mon cher plaisir qui fûtes mon tourment !

     

    Si j’ai connu par vous l’ivresse sans pareille

    Dont la voluptueuse ou la tendre fureur

    Mystérieusement renaît et se réveille

    Chaque fois que mon cœur bat contre votre cœur,

     

    Cependant la caresse étroite, ni l’étreinte

    Ni le double baiser que le désir rend court

    Ne valent deux beaux yeux dont la flamme est éteinte

    En ce repos divin qu’on goûte après l’amour !

     

     

     

     

     

    Diffusion François Beauval

     

    1ér trimestre 1975

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    LES PENSEES D'UN REVEUR 

     

     


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    POEME D'HIER    04/06/2015 R

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    *POEME D’hier

     

     

     

    DORAT

    1734 – 1780

     

     

     

     

     

    LES BAISERS :

    LA FAUSSE PUDEUR 

     

     

     

     

    Pourquoi donc, matrones austères,

    Vous alarmer de mes accents ?

    Vous jeunes filles trop sévères,

    Pourquoi redoutez vous mes chants ?

    Ai-je peint les enlèvements,

    Des passions les noirs orages

    Qui naissent aux cœurs des amants ?

    Je célèbre des jeux paisibles,

    Qu’en vain on semble mépriser,

    Les vrais biens des âmes sensibles,

    Le doux mystère du baiser.

    Ma plume rapide et naïve

    Ecrit ce qu’on sent en aimant :

    L’image n’est jamais lascive,

    Quand elle exprime un sentiment.

    Mais, quelle rougeur imprévue!

    Quoi ! Vous blâmez ces doux loisirs,

    Et n’osez reposer la vue

    Sur le tableau de nos plaisirs !...

     

    Profanes, que l’amour offense,

    Qu’effarouche la volupté,

    La pudeur et sa fausseté,

    Et le baiser son innocence.

    Ah ! Fuyez, fuyez loin de nous ;

    N’approchez point de ma maîtresse :

    Dans ses bras, quand Thaïs me presse,

    Et, par les transports les plus doux,

    Me communique son ivresse,

    Thaïs est plus chaste que vous.

    Ce zèle, ou votre cœur se livre,

    Ce que vous fuyez dans un livre,

    Vous le cherchez dans un amant.

     

     

     

     

     

     

    Diffusion François Beauval

    1ér trimestre 1975

     

      

     

      

     


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    *POEME D’hier

      

      

    DE BONNARD

    1744 – 1784

     

     

     

     

     

     

    BILLET DU MATIN

     

     

    O mon amie ! o ma maîtresse !

    En croirai je ces vers charmants

    Et cette prose enchanteresse ?

    Que j’aime ta délicatesse,

    Tes transports, tes vœux, tes serments

    Et tes combats ; et ton ivresse !

    Des pleurs échappés de mes yeux

    Ont mouillé ces vers pleins de charmes ;

    Mais qu’ils étaient délicieux !

    Que de volupté dans les larmes !

    Toi que j’aimerais beaucoup plus

    Si mes feux dès longtemps accrus

    Pouvaient jamais s’accroître encore,

    N’afflige point par tes refus

    L’amant éprouvé qui t’adore.

    N’en crois que nos vœux et nos cœurs :

    Ne mets point l’amour en système.

    Si tu ne dois que des rigueurs

    A l’homme heureux que ton cœur aime,

    Pour qui seront donc tes faveurs ?

    Pour qui seront donc ces caresses,

    Ces appas voilés et secrets,

    Ces baisers d’avant et d’après,

    Ces voluptueuses tendresses

    Qui de l’amour sont les bienfaits ?

    Loin de nous la froide prudence

    Qui veut lire dans l’avenir !

    L’amour, jaloux de sa puissance,

    Saurait peut être nous punir

    D’une funeste prévoyance.

    Au lieu d’accuser ma constance,

    Couronne la par les plaisirs.

    Dans le sein de la jouissance,

    Redoublons encor de désirs ;

    Et puisque, malgré nos soupirs,

    Le sort nous destine à l’absence,

    Ménageons nous des souvenirs.

     

     

     

     

    Diffusion François Beauval

    1ér trimestre 1975

     

    J G R C

     

     

     

     


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