• POEME D’hier

    MERRILL Stuart

    1863 - 1915

     
    CHAMBRE D’AMOUR
     

    Dans la chambre qui fleure un peu la bergamote
    Ce soir, lasse, la voix de l’ancien clavecin
    Chevrote des refrains enfantins de gavotte.

    Eteintes par sa main pour quelques doux dessein
    D’amour, voici qu’enfin les lampes vespérales
    Fument au bruit de l’eau tintant dans le bassin,

    Au bruit de l’eau qui brille en des lueurs lustrales
    A travers les rideaux roidis de pourpre et d’or
    Dont le frele etat croule aux fenetres claustrales.

    C’est déroutant au mur un vaporeux décor,
    La pastorade peinte aux pimpantes images
    Ou des jeux et des ris s’éparpille l’essor.

    Sur les divans fanés en leurs riants ramages
    Les coussins semblent lourds de l’oubli des absents,
    Et du bleu baldaquin s’éplorent des plumages.

    Seul, un éventail chu des doigts jadis lassants
    Présage le retour inespéré de celle
    Dont l’automne a pali les charmes languissants.

    Soudain c’est le rayon doux d’unrubacelle,
    Un chuchotis de voix disant de doux remords,
    Et le baiser de ceux que la vie ensorcelle

    Dans la chambre ou, le soir, s’aimèrent tant de morts !

    diffusion François Beauval
    1ér trimestre 1975

     

    J-G-R-C

      

      

      

     

     

     


     

     

     

     


     

      

     

     

     

     

      Les poèmes aideront 

     

     

     à passer avec soi

     

     

     

    et d'autres

     

     

     

    êtres le nécessaire

     

     

     

    serment de fidélité

     

     

     

    à la vérité de la vie.

     

     

     

     

     

    Yves Bonnefoy

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     


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    POEME D'HIER  26/03/2013

    - 5 JOURS avant le jeu des aiguilles

    POEME D'HIER  26/03/2013

     

     

      

      

     

      

     

      

    *POEME D’hier

      

    FRANCOIS VILLON

      

    1431 - vers – 1480

     

     

     

     

    BALLADE DES FEMMES

     DE PARIS

      

     

     

    Quoi qu’on tient belles langagières

    Florentines, Vénitiennes,

    Assez pour être messagières,

    Et mêmement les anciennes :

    Mais, soient Lombardes, Romaines,

    Genevoises à mes périls,

    Piémontaises, Savoisiennes,

    Il n’est bon bec que de Paris.

    De très beau parler tiennent chaires,

    Ce dit on les Napolitaines,

    Et sont très bonnes caquetières

    Allemandes et Prussiennes ;

    Soient Grecques, Egyptiennes,

    De Hongrie ou d’autres pays,

    Espagnolles ou Cathelennes*.

    Il n’est bon bec que de Paris.

    Brettes **, Suisses, n’y savent guères,

    Gasconnes, n’aussi Toulousaines :

    De petit pont deux harengères

    Les concluront, et les Lorraines,

    Anglaises et Calaisiennes,

    Ay je beaucoup de lieux compris ?

    Picardes de Valenciennes ;

    Il n’est bon bec que de Paris.

     

    Envoi

     

    Prince, aux dames Parisiennes

    De beau parler donnez le prix ;

    Quoi qu’on dise d’Italiennes,

    Il n’est bon bec que de Paris.

     

     

                               * Catalanes

                               * * Bretonnes

     

     

    Diffusion François Beauval

    1ér trimestre 1975

     

    J G R C

     

      


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    POEME D'HIER  21/03/2013

    POEME D'HIER  21/03/2013

     

      

      

     

     

      

    POEME D’hier

     

    HENRI DE REGNIER

    1864 – 1936

     

     

     

     

    LA CAPTIVE

     

     

    Je vous ai si souvent regardée au visage

    Que j’en ai désiré votre corps tout entier.

    Et maintenant mes yeux conservent une image

    Que mon cœur désormais ne peut plus oublier.

     

    Que m’importe à présent si vos mains trop rapides

    Couvrent votre beauté de longs voiles jaloux !

    C’est en vain qu’à vos pieds tombent leurs plis rigides

    Puisqu’ils ne sont plus là lorsque je pense à vous.

     

    Le jour peut s’achever, et la nuit ténébreuse

    Peut nous confondre toute à son obscurité,

    N’êtes vous pas debout dans son ombre amoureuse

    En un rêve pareil a votre nudité !

     

    Et si vous détournez du mien votre visage,

    Si, loin de moi, s’en va votre pas orgueilleux,

    Est il rien qui pourra dénouer l’esclavage

    Que vous fait ma captive et vous lie à mes yeux.

     

     

    Diffusion François Beauval

    1ér trimestre 1975

     

    J G R C

     

     


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    POEME D'HIER

     

      

     

      

      

      

    *POEME D’hier

    FRANCOIS VILLON

     

    1431 - vers – 1480

     

     

     

     

    BALLADE à S’AMIE

     

     

    Fausse beauté qui tant me coûte cher,

    Rude en effet, hypocrite douceur,

    Amour dure plus que fer à macher

    Nommer que puis de ma défaçon seur (1).

    Cherme félon, la mort d’un pauvre cœur,

    Orgueil mussé (2) qui gens met au mourir,

    Yeux sans pitié, ne veut droit de rigueur

    Sans empirer (3), un pauvre secours ?

     

     

    Mieux m’eut valu avoir été sercher

    Ailleurs secours, c’eut été mon honneur ;

    Rien ne m »eut su lors de ce fait hacher (4)

    Trotter m’en faut en fuite et déshonneur.

    Haro, haro (5), le grand et le mineur !

    Et qu’est ceci ? Mourrai sans coup férir ?

    Où pitié veut, selon cette teneur,

    Sans empirer, un pauvre secourir ?

     

     

    Un temps viendra qui ferra dessécher

    Jaunir, flétrir votre épanie fleur ;

    Je m’en risse, si lors pusse mâcher,

    Las ! Mais nenni, ce serait donc foleur (6)

    Vieil je serai, vous laide, sans couleur ;

    Or buvez fort, tant que tu peux courir ;

    Ne donnez pas à tous cette douleur,

    Sans empirer, un pauvre secourir.

     

     

    Prince amoureux, des amants le graigneur (7).

    Votre mal gré ne voudrait encourir.

    Mais tout franc cœur doit, pas notre seigneur,

    Sans empirer, un pauvre secourir.

     

     

    (1) Sur de ma destruction.

    (2) Caché.

    (3) Sans aggraver son mal.

    (4) Souffrir.

    (5) A l’aide !

    (6) Folie.

    (7) Le plus grand.

     

     

     

     

    Diffusion François Beauval

    1ér trimestre 1975

     

    J G R C

      

      

    POEME D'HIER  07/03/2013 


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    POEME D’hier

    VOLTAIRE

    1694 – 1778



    A MADAME DU CHATELET


    Si vous voulez que je vous aime,
    Rendez moi l’age des amours ;
    Au crépuscule de mes jours
    Rejoignez, s’il se peut, l’aurore.


    Des beaux lieux ou le dieu du vin
    Avec l’amour tient son empire,
    Le temps, qui me prends par la main,
    M’avertit que je me retire.


    De son inflexible rigueur
    Tirons au moins quelque avantage.
    Qui n’a pas l’esprit de son age,
    De son age a tout le malheur.


    Laissons à la belle jeunesse
    Ses folâtres emplacements :
    Nous ne vivons que deux moments ;
    Qu’il en soit un pour la sagesse.


    Quoi ! pour toujours vous me fuyez.
    Tendresse, illusion, folie,
    Dons du ciel, qui me consoliez
    Des amertumes de la vie !


    On meurt deux fois, je le vois bien :
    Cesser d’aimer et d’être aimable,
    C’est une mort insupportable ;
    Cesser de vivre, ce n’est rien.


    Ainsi je déplorais la perte
    Des erreurs de mes premiers ans ;
    Et mon âme, aux désirs ouverte,
    Regrettait ses égarements.


    Du ciel alors daignant descendre,
    L’amitié vint à mon secours ;
    Elle était peut être aussi tendre,
    Mais moins vive que les amours.


    Touché de sa beauté nouvelle,
    Et sa lumière éclairée,
    Je la suivis ; mais je pleurai
    De ne pouvoir plus suivre qu’elle.


    Diffusion François Beauval
    1ér trimestre 1975

    J G R C




     


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    POEME D'HIER  14/02/2013

     

     

     

    POEME D'HIER  14/02/2013

    CITATIONS  13/02/2013CITATIONS  13/02/2013CITATIONS  13/02/2013CITATIONS  13/02/2013CITATIONS  13/02/2013CITATIONS  13/02/2013CITATIONS  13/02/2013CITATIONS  13/02/2013CITATIONS  13/02/2013CITATIONS  13/02/2013

     

      

     

      

      

     

     

     

     

    *POEME D’hier

     

    NIZET Marie

    1859 - 1922

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    LA BOUCHE

     

     

     

     

     

    Ni sa pensée, en vol vers moi par tant de lieues.

    Ni le rayon qui court sur son front de lumière,

    Ni sa beauté de jeune dieu qui la première

    Me tenta, ni ses yeux - ces deux caresses bleues ;

     

    Ni son cou ni ses bras, ni rien de ce qu’on touche,

    Ni rien de ce qu’on voit de lui ne vaut sa bouche

    Où l’on meurt de plaisir et qui s’acharne à mordre ;

     

    Sa bouche de fraicheur, de délices, de flammes,

    Fleur de volupté, de luxure et de désordre,

    Qui vous vide le cœur et vous boit jusqu’à l’ame…

     

     

     

     

     

     

     

     

    Diffusion François Beauval

    1ér trimestre 1975

     

    J G R C

     

     

     

     

     


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    *POEME D’hier

     

    SAMAIN Albert

    1858 – 1900

     

     

     

     

     

    L’HERMAPHRODITE

     

     

     

     

     

    Vers l’archipel limpide, où se mirent les iles,

    L’hermaphroditenu, le front ceint de jasmin,

    Epuise ses yeux verts en un rêve sans fin ;

    Et sa souplesse torse empruntée aux reptiles,

     

    Sa cambrure élastique, et ses seins érectiles

    Suscitent le désir de l’impossible hymen.

    Et c’est le monstre éclos, exquis et surhumain,

    Au ciel supérieur des formes plus subtiles.

     

    La perversité rode ce ses courts cheveux blonds.

    Un sourire éternel, frère des soirs profonds,

    S’estompe en velours d’ombre à sa bouche imbigùe :

     

    Et sur ses pales chairs se traîne avec amour

    L’ardent soleil païen, qui l’a fait naître un jour

    De ton écume d’or, o beauté suraiguë.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Diffusion François Beauval

    1ér trimestre 1975

     

    J G R C

     

     

     

     

     

     


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