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    *POEME D’hier

     

    DORAT

    1734 - 1780

     

     

     

     

     

    LES BAISERS :

    LA FAUSSE PUDEUR

     

     

     

     

     

    Pourqui donc, matrones austères,

    Vous alarmez de mes accents ?

    Vous, jeunes filles trop sévères,

    Pourquoi redoutez vous mes chants ?

    Ai-je peint les enlèvements,

    Des passions les noirs orages

    Qui naissent aux cœurs des amants ?

    Le célèbre des jeux  paisibles,

    Qu’en vain on semble mépriser,

    Les vrais biens des âmes sensibles,

    Le doux mystère du baiser.

    Ma plume rapide et naive

    Ecrit ce qu’on sent en aimant :

    L’image n’est jamais lascive,

    Quand elle exprime en sentiment.

    Mais, quelle rougeur imprévue !

    Quoi ! Vos blâmez ces doux loisirs,

    Et n’osez reposer la vue

    Sur le tableau de nos plaisirs !...

     

    Profanes, que l’amour offense,

    Qu’effarouche la volupté,

    La pudeur a sa fausseté,

    Et le baiser son innocence.

    Ah ! Fuyez, fuyez loin de nous ;

    N’approchez point de ma maîtresse :

    Dans ses bras, Thaïs me presse.

    Et, par les transports les plus doux,

    Me communique son ivresse,

    Thais est plus chaste que vous.

    Ce zèle, ou votre cœur se livre,

    N’est que le masque du moment :

    Ce que vous fuyez dans un livre,

    Vous le cherchez dans un amant.

     

     

     

     

     

    Diffusion François Beauval

    1ér trimestre 1975

     

    J G R C

     

     

     

     

     

     

     


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    *POEME D’hier

     

    HELENE VACARESCO

    1866 – 1947

     

     

     

     

     

     

    IL PASSA

     

     

     

     

    Il passa ! J’aurai du sans doute

    Ne point paraître en son chemin ;

    Mais ma maison est sur sa route,

    Et j’avais des fleurs dans la main.

     

     

    Il parla : j’aurai du peut être

    Ne point m’enivrer de sa voix ;

    Mais l’aube emplissait ma fenêtre,

    Il faisait avril dans les bois.

     

     

    Il m’aima : j’aurai du sans doute

    N’avoir pas l’amour aussi prompt ;

    Mais, hélas ! Quand le cœur écoute,

    C’est toujours le cœur qui répond.

     

     

    Il partit : je devrais peut être

    Ne plus l’attendre et le vouloir ;

    Mais demain l’avril va paraître,

    Et, sans lui, le ciel sera noir.

     

     

     

     

    Diffusion François Beauval

    1ér trimestre 1975

     

    Collection personnelle
    J-G-R-C

     

     

     

     


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