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    *POEME D’hier

     

    JAMMES Francis

    1868 - 1938

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    LA MAISON

    SERAIT PLEINE

    DE ROSES…

     

     

     

     

     

    La maison serait pleine de roses et de guêpes.

    On y entendrait, l’après midi, sonner les vêpres :

    Et les raisins couleur de pierre transparente

    Sembleraient dormir au soleil sous l’ombre lente.

    Comme je t’y aimerais, je te donne tout mon cœur

    Qui a vingt quatre ans, ret mon esprit moqueur,

    Mon orgeuil et ma poésie de roses blanches ;

    Et pourtant je ne te connais pas, tu n’existes  pas.

    Je vais seulement que, si tu étais vivante,

    Et si tu étais comme moi au fond de la prairie,

    Nous nous baiserions en riant sous les abeilles blondes,

    Près du ruisseau frais, sous les feuilles profondes.

    On n’entendrait que la chaleur du soleil.

    Tu aurais l’ombre des noisetiers sur ton oreille,

    Puis nous mêlerions nos bouches, cessant de rire,

    Pour dire notre amour que l’on ne peut pas dire;

    Et je trouverais, sur le rouge de tes lèvres,

    Le goût des raisins blonds, des roses rouges

    et des guêpes.

     

     

     

     

     

     

     

    Diffusion François Beauval

    1ér trimestre 1975

     

    J G R C

     

     

    10h00

     

     

     


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    *POEME D’hier

    Henri de REGNIER

    1864 – 1936

     

     


    LE BONHEUR


    Sois heureuse ! qu’importe à tes yeux l’horizon
    Et l’aurore et la nuit et l’heure et la saison,
    Que ta fenêtre tremble aux souffles de l’hiver
    Ou que l’été, le vent du val ou de la mer


    Semble quelqu’un qui veut entrer et qu’on accueille.
    Sois heureuse, la source murmure, une feuille
    Déjà jaunie un peu tombe sur le sentier ;
    Une abeille s »est prise aux fils de ton métier,


    Car le lin qu’il emploie est roux comme le miel ;
    Un nuage charmant est seul dans tout le ciel ;
    La pluie est douce ; l’ombre est moite. Sois heureuse.
    L chemin est boueux et l’ornière se creuse,


    Que t’importe la terre où mènent les chemins !
    Sois heureuse d’hier et sure de demain ;
    N’as-tu pas, par ta chair divine et parfumée,
    L’ineffable pouvoir de pouvoir être aimée ?



    Diffusion François Beauval

    1ér trimestre 1975.




    16h00

     


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  •  

     

     

     

     

    *POEME D’hier

     

    KAHN  Gustave

    1859 – 1936

     

     

     

     

     

     

     

     

    LIED

     

     

     

    Le bonheur vient comme son rodeur,

    On est morne, on laisse passer.

    On parle de l’ancien malheur,

    Et c’est fini de l’aube claire.

     

     

    Le malheur glisse de son repaire,

    On est enlacé près du foyer doux,

    On n’entend pas ses flous

    Et c’est fini de l’été clair

     

     

    Et puis plus rien ne vient jamais,

    On attend devant sa porte :

    Des indifférents entrent, sortent,

    Et c’est fini de la vie claire.

     

     

    Oh ! Belle ! Gardons nos mains unies,

    Tant d’êtres pleurent sur les genoux,

    Gardons une seule âme en nous,

    Notre joie claire.

     

     

     

     

     

    10h00 

     

    Diffusion François Beauval

    1ér trimestre 1975

     

     

     

     

    Collection poèmes amoureux
    J-G-R-C

     

     


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    *POEME D’hier

    CHARLES D’ORLEANS

    1391 – 1465


     

     


    CHANSON

    Que me conseillez vous, mon cœur ?
    Irai  je  par devers la belle
    Lui dire la peine mortelle
    Que souffrez pour elle en douleur ?


    Pour votre bien et son honneur,
    C’est droit que votre conseil cèle  (1)?
    Que me conseillez vous, mon cœur .
    Irai je par devers la belle?


    Si pleine la sais de douceur
    Que trouverai merci en elle,
    Tôt en aurez bonne nouvelle.
    J’y vais, n’est ce pour le meilleur ?
    Que me conseillez vous mon cœur ?


    (1) cache


    Diffusion François Beauval
    1ér trimestre 1975



    16h00


     


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    *POEME D’hier

     

    BAUDELAIRE Charles

    1821 – 1867

     

     

     

     

     

     

     

     

    LA MORT

    DES AMANTS

     

     

     

     

     

     

    Nous aurons des lits pleins d’odeurs légères,

    Des divans profonds comme des tombeaux,

    Et d’étranges fleurs sur des étagères,

    Ecloses pour nous sous des cieux plus beaux.

     

     

    Usant à l’envi leurs chaleurs dernières,

    Nos deux cœurs seront deux vastes flambeaux,

    Qui réfléchiront leurs doubles lumières

    Dans nos deux esprits, ces miroirs jumeaux.

     

     

    Un soir fait de rose et de bleu mystique,

    Nous échangerons un éclair unique,

    Comme un long sanglot, tout chargé d’adieux ;

     

     

    Et plus tard un ange, entr’ouvant les portes,

    Viendra ranimer, fidèle et joyeux,

    Les miroirs ternis et les flammes mortes.

     

     

     

     

     

    Diffusion François Beauval

    1ér trimestre 1975

     

     

     

    10h00

     

     

     

     


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    *POEME D’hier

    GRESSET

    1709 – 1777 

     




    QUATORZE ANS


    A quatorze ans, qu’on est novice !
    Je me sens bien quelques désirs ;
    Mais le moyen qu’on m’éclaircisse :
    Une fleur fait tous mes plaisirs ;
    La jouissance d’une rose
    Pour rendre heureux tous mes moments ;
    Et comment aimer autre chose
    A quatorze ans, a quatorze ans ?



    Je mets plus d’art à ma coiffure,
    Je ne sais quoi vient m’inspirer ;
    N’est ce donc que pour la figure
    Qu’on aime tant à se parer ?
    Toutes les nuits, quand je repose,
    Je rêve, mais a des rubans ;
    Et comment rêver d’autre chose
    A quatorze ans, a quatorze ans ?



    Une rose venait d’éclore ;
    Je l’observais ; sans y songer ;
    C’était au lever de l’aurore ;
    Le zéphyr vint le caresser.
    C’est donc quand la fleur est éclose
    Qu’on voit voltiger les amants ;
    Mais, hélas ! est on quelque chose
    A quatorze ans, a quatorze ans ?



    Diffusion François Beauval
    1ér trimestre 1975

    J-G-R-C


    16h00 



     


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    *POEME D’hier

     

    MOLINET Jean

     

    + 1507

     

     

     

     

    CESTE FILLETTE

     

     

    Ceste fillette à qui le tétin poinct,

    Qui est tant gente et a les yeulx si vers,

    Ne luy soyez ne rude ne pervers,

    Mais la traictez doulcement et à poinct.

    Despouillez vous et chemise et pour poinct

    Et la gectez sur ung lict à l’envers,

    Ceste fillette.

    Après cela, si vous estes en poinct,

    Accollez la de long et de travers,

    Et si elle a les deux genoulx ouvers

    Donnez dedans et ne l’espargnez poinct,

    Ceste fillette.

     

     

     

     

    Diffusion François Beauval

    1ér trimestre 1975

     

    J G R C

     

     

    16h00 

     


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