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    *POEME D’hier

    BAUDELAIRE Charles

    1821 – 1867





     


    LA BEAUTE

    Je suis belle, o mortels ! comme un reve de pierre,
    Et mon sein, ou chacun s’est meurtri tour à tour,
    Est fait pour inspirer au poète un amour
    Eternel et muet ainsi que la matière.


    Je trone dans l’azur comme un sphinx incompris;
    JH’unis un cœur de neige a la blancheur des cygnes;
    Je hais le mouvement qui déplace les lignes,
    Et jamais je ne pleure et jamais je ne ris.


    Les poètes, devant mes grandes attitudes,
    Que j’ai l’air d’emprunter aux plus fiers monuments,
    Consumeront leurs jours en d’austères études;


    Car j’ai, pour fasciner ces dociles amants,
    De purs miroirs qui font toutes choses plus belles:
    Mes yeux, mes larges yeux aux clartés éternelles!


    Diffusion François Beauval

    1ér trimestre 1975


    J-G-R-C


    16h00

     


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    *POEME D’hier

     

    DORAT

    1734 – 1780

     

     

     

     

    LES BAISERS :

    L’ETINCELLE

     

     

    Donne moi, ma belle maîtresse ;

    Donne moi, disais je, un baiser,

    Doux, amoureux, plein de tendresse…

    Tu n’osas me le refuser.

    Mais que mon bonheur fut rapide.

    Ta bouche à peine, souviens t’en,

    Eut effleuré ma bouche aride,

    Elle s’en détache à l’instant.

    Ainsi s’exhale une étincelle.

    Oui, plus que tantale agité,

    Je vois, comme une onde infidèle,

    Fuir le bien qui m’est présenté.

    Ton baiser m’échappe, cruelle !

    Le désir seul m’en est resté.

     

     

     

     

     

    Diffusion François Beauval

    1ér trimestre 1975

     

    J G R C

     

    16h00 

     


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    *POEME D’hier

    FRANCOIS VILLON 

     

    1431 - vers – 1480 

     

     

      

     

     

     

    Chanson anonyme en faveur

    A la fin du xv ème  siècle

     

     

    L’AMOUR DE MOI

    SI EST ENCLOSE

     

     

    L’amour de moi si est enclose

    Dedans un joli jardinet

    Où croit la rose et le muguet

    Et aussi fait la passerose.

     

     

    Ce jardin est bel et plaisant :

    Il est garni de toutes fleurs :

    On y prend son ébattement

    Autant la nuit comme le jour.

     

     

    Hélas ! il n’est si douce chose

    Que ce doux rossignolet

    Qui chante au soir, au matinet :

    Quand il est las, il se repose

     

     

    Je la vis l’autre jour cueillir

    La violette en un vert pré :

    La plus belle qu’oncques ne vis,

    Et la plus plaisante a mon gré.

     

     

    Je la regardais une pose :

    Elle était blanche comme lait,

    Et douce comme un agnelet,

    Vermeillette comme une rose.

     

     

     

     

     

     

    Diffusion François Beauval

    1ér trimestre 1975

     

      

    J G R C

     

      

     

    16h00 

     

     

     

     

     

     

     

     


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    *POEME D’hier

    VOLTAIRE

    1694 – 1778




     

     



    LES DEUX

    AMOURS

     

     

     

     

     

     

     

    Certain enfant   qu’avec crainte on caresse

    Et que l’on reconnaît à son malin souris,

    Court en tous lieux précédés par les Ris,

    Mais trop souvent suivi de la tristesse ;

    Dans les cœurs des humains il entre avec souplesse.

    Habite avec fierté, s’envole avec mépris.

    Il est un autre Amour, fils craintif de l’estime,

    Soumis dans ses chagrins,

     constant dans ses désirs,

    Que la vertu soutien, que la candeur anime,

    Qui résiste aux rigueurs et croit par les plaisirs.

    De cet Amour le flambeau pet paraître

    Moins éclatant, mais ses feux sont plus doux :

    Voila le dieu qui mon cœur veut pour maître,

    E je ne veux le servir que pour vous.

     

     

     

     

    Diffusion François Beauval

    1ér trimestre 1975

    J G R C



     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     


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    *POEME D’hier

     

    DORAT

    1734 - 1780

     

     

     

     

     

    LES BAISERS :

    L’ETINCELLE

     

     

     

     

    Donne moi, ma belle maîtresse ;

    Donne moi, disais je, un baiser,

    Doux, amoureux, plein de tendresse…

    Tu n’osas me le refuser.

    Mais que mon bonheur fut rapide.

    Ta bouche à peine, souviens t’en,

    Eut effleuré ma bouche aride,

    Elle s’en détache à l’instant.

    Ainsi  s‘exhale une étincelle.

    Qui, plus que tantale agité,

    Je vois, comme une onde infidèle,

    Fuir le bien qui m’est présenté.

    Ton baiser m’échappe, cruelle !

    Le désir seul m’en est resté.

     

     

     

     

     

     

    Diffusion François Beauval

    1ér trimestre 1975

     

    J G R C

     

     

     

    10h00

     

     

     

     


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    *POEME D’hier

     

    HELENE VACARESCO

    1866 – 1947

      

     

     

     

     

     

    IL PASSA

     

     

     

     

    Il passa ! J’aurai du sans doute

    Ne point paraître en son chemin ;

    Mais ma maison est sur sa route,

    Et j’avais des fleurs dans la main.

     

     

    Il parla : j’aurai du peut être

    Ne point m’enivrer de sa voix ;

    Mais l’aube emplissait ma fenêtre,

    Il faisait avril dans les bois.

     

     

    Il m’aima : j’aurai du sans doute

    N’avoir pas l’amour aussi prompt ;

    Mais, hélas ! Quand le cœur écoute,

    C’est toujours le cœur qui répond.

     

     

    Il partit : je devrais peut être

    Ne plus l’attendre et le vouloir ;

    Mais demain l’avril va paraître,

    Et, sans lui, le ciel sera noir.

     

     

     

     

    Diffusion François Beauval

    1ér trimestre 1975

     

    Collection personnelle
    J-G-R-C

     

     

     10h00

     


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    *POEME D’hier

     

    Henri de REGNIER

    1864 – 1936

     

     

     

    LE REPOS

     APRES L’AMOUR

     

     

     

    Nul parfum n’est plus doux que celui d’une rose

    Lorsque l’on se souvient de l’avoir respiré

    Ou quand l’ardent flacon, ou son âme est enclose,

    En conserve au cristal l’arome capturé.

     

    C’est pourquoi, si j’avais avec fièvre et délice

    J’ai senti votre corps renversé dans mes bras

    Après avoir longtemps souffert l’acre supplice

    De mon désir secret que vous ne saviez pas,

     

    Si, tour à tour, muet, pressant, humble, farouche,

    Rodant autour de vous dans l’ombre, brusquement,

    J’ai fini par cueillir la fleur de votre bouche,

    O vous, mon cher plaisir qui fûtes mon tourment !

     

    Si j’ai connu par vous l’ivresse sans pareille

    Dont la voluptueuse ou la tendre fureur

    Mystérieusement renaît et se réveille

    Chaque fois que mon cœur bat contre votre cœur,

     

    Cependant la caresse étroite, ni l’étreinte

    Ni le double baiser que le désir rend court

    Ne valent deux beaux yeux dont la flamme est éteinte

    En ce repos divin qu’on goûte après l’amour !

     

     

     

     

     

    Diffusion François Beauval

    1ér trimestre 1975

     

    J-G-R-C

     

     

    16H00

     


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