Par 56 J-G-R-C 77
POÈME D’hier
Sully PRUDHOMME
1839– 1907
LES YEUX
Bleus ou noirs, tous aimés, tous beaux :
Des yeux sans nombre on vu l’aurore :
Ils dorment au fond des tombeaux
Et le soleil se lève encore.
Les nuits plus douces que les jours
Ont enchanté des yeux sans nombre :
Les étoiles brillent toujours
Et les yeux se sont remplis d’ombre.
Oh ! qu’ils aient perdu le regard
Non, non, cela n’est pas possible,
Ils se font tournés quelque part
Vers ce qu’on nomme l’invisible !
Comme les astres penchants
Nous quittent, mais au ciel demeurent.
Les prunelles ont leurs couchants,
Mais il n’est pas vrai qu’elles meurent :
Bleus ou noirs, tous aimés, tous beaux,
Ouverts à quelque immense aurore,
De l’autre coté des tombeaux
Les yeux qu’on ferme voient encore.
Diffusion François Beauval
1ér trimestre 1975
J-G-R-C-
SI NOUS NE SOMMES PAS ENCORE RENTRES
CELA NE DEVRAIT PAS TARDER
Thème Magazine © - Hébergé par Eklablog