Eklablog Tous les blogs
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

POEME D'HIER 05/02/2014

 

POEME D'HIER 05/02/2014

 

 

 

 

 

 

 

 

*POEME D’hier

 

SCEVE  Maurice

1501 - 1560

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

DELIE

 

 

 

 

 

Libre vivais en l’Avril de mon âge,

De cure exempt sous celle adolescence,

Ou l’œil, encor non expert en dommage,

Se vit surpris de la douce présence,

Qui par sa haute et divine excellence

M’étonna l’âme, et le sens tellement,

Que de ses yeux l’archer tout bellement

Ma liberté lui a toute asservie :

Et dès ce jour continuellement

En sa beauté gît ma mort, et ma vie.

 

Plus tôt seront Rhône et Saône disjoints

Que d’avec toi mon cœur se désassemble ;

Plutôt seront l’un, et l’autre, Mont joints,

Qu’avecques nous aucun discord s’assemble ;

Plus tôt verront et toi, et moi ensemble

Le Rhône aller contremont lentement,

Saône monter très violentement,

Que ce mien feu tant soit peu diminue,

Ni que ma foi décroisse aucunement,

Car ferme amour sans eux est pus que nue.

 

Et toi je vis, ou que tu sois absente :

En moi je meurs, ou que je sois présent.

Tant loin sois – tu, toujours tu es présente :

Pour près que sois, encore suis- absent.

Et si nature outragée se sent

De me voir vivre en toi plus qu’en moi :

Le haut pouvoir, qui ouvrant sans émoi,

Infuse l’âme en ce mien corps passible,

La prévoyance sans son essence en soi,

En toi l’étend, comme en son plus possible.

 

Entre tes bras, ô heureux, près du cœur

Elle te serre en grand’ délicatesse :

Et me repousse avec toute vigueur

Tirant de toi sa joie, et sa liesse.

De moi plaincts, pleurs et mortelle tristesse

Loin du plaisir, qu’en toi elle comprend,

Mais en ses bras, alors qu’elle te prend,

Tu ne sens point sa flamme dommageable,

Qui jour et nuit, sans la toucher, me rend :

Heureusement pour elle misérable.

 

Seul avec moi, elle avec sa partie :

Moi en ma peine, elle en sa molle couche.

Couvert d’ennui je me vautre en l’ortie,

.et elle nue entre ses brasse se couche.

Ha (lui indigne) il la tient, il la touche :

Elle souffre ; et comme moins robuste,

Viole amour par ce lien injuste,

Que droit humain, et non divin, a fait.

O sainte loi, à tous, fors à moi, juste,

Tu me punis pour elle avoir méfait.

 

De toi la douce, et fraîche souvenance

Du premier jour, qu’elle m’entra au cœur

Avec ta haute et humble contenance,

Et ton regard d’Amour même vainqueur,

Y dépeignit par si viveliqueur

Ton effigie au vif tant ressemblante,

Que depuis l’âme étonnée, et tremblante

De jour l’admire, et la prie sans cesse :

Et sur la nuit tacite, et sommeillante,

Quand tout repose, encor moins elle cesse.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Diffusion François Beauval

1ér trimestre 1975

 

J G R C

 

 

 

 

 

 

Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
T
Coucou Joël<br /> Mon petit passage toujours aussi agréable dans ton univers.<br /> Très beau poème.<br /> Je te souhaite un bon jeudi en espèrant avec un meilleur temps qu'aujourd'hui.<br /> Amitiée Bisous Titemiss
Répondre
C
Superbe partage Meldix ..j'aime beaucoup <br /> Me voilà rentrée et cela souffle encore !!<br /> Bises
Répondre
S
merci pour ce partage en mots<br /> Excellente fin de journée<br /> <br /> bisous du mercredi
Répondre
B
Bonjour Meldix, Merci pour ta visite , Oui c'est l'année du cheval en astrologie chinoise ! À Genève il y a également de la tempête ! Je te souhaite une très bonne journée. Bisous de Bisette.
Répondre
I
le vent chasse les nuages  , mais grâce  à dieu  je peux lire au chaud  hihihihi  magnifique <br />                  
Répondre