Par 56 J-G-R-C 77
*POEME D’hier
BERNIS
1715 – 1794
LES PETITS TROUS
Ainsi qu’ébé, la jeune Pompadour
A deux jolis trous sur sa joue ;
Deux trous charmants ou le plaisir se joue,
Qui furent faits par la main de l’amour.
L’enfant ailé, sous un rideau de gaze,
La vit dormir et la prit pour Psyché.
Qu’elle était belle ! A l’instant il s’embrasse.
Sur ses appas il demeure attaché.
Plus il la voit, plus son délire augmente ;
Et, pénétré d’une si douce erreur,
Il veut mourir sur sa bouche charmante ;
Heureux encor de mourir son vainqueur !
Enchanté des roses nouvelles,
D’un teint, dont l’éclat éblouit,
Il les touche du doigt, elles sont plus belles ;
Chaque fleur sous sa main s’ouvre et s’épanouit.
Pompadour se réveille, et l’amour en soupire ;
Il perd tout son bonheur en perdant son délire :
L’empreinte de son doigt forma ce joli trou,
Séjour aimable du sourire,
Dont la plus sage serait fou.
Diffusion François Beauval
1ér trimestre 1975
J G R C
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