Par 56 J-G-R-C 77
POÈME D’hier
GILBERT
1750 – 1780
LES CHARMES
DES BOIS...
Que j'aime ces bois solitaires!
Aux bois se plaisrent les amants;
Les nymphes y sont moins sévères,
Et les bergers plus plus éloquents.
Les gazons, l'ombre et le silence
Inspirent les tendres aveux;
L'amour est aux bois sans défense;
C'est au bois qu'il fait des heureux.
O vous qui, pleurant sur vos chaînes,
Sans espoir servez sous ses lois,
Pour attendrir vos inhumaines,
Tachez de les conduire aux bois!
Venez au bois, beautés volages;
Ici les amours sont discrets;
Vos sœurs visitent les ombrages,
Les grâces aiment les forets.
Que ne puis je, aimable Glycère,
M'y perdre avec vous quelques fois!
Avec la beauté qu'on préfère
Il est si doux d'aller au bois!
Un jour j'y rencontrai Thémire,
Belle comme un printemps heureux:
Que son amant, ou le zéphire
Avait dénoué ses cheveux.
Je ne sais point quel doux mystère
Ce galant désordre annonçait:
Mais Lycas suivait la bergère,
Et la bergère rougissait.
Doucement je l'entendis même
Dire au berger plus d'une fois:
O mon bonheur! O toi que j'aime!
Allons toujours ensemble au bois.
Diffusion François Beauval
1ér trimestre 1975
J-G-R-C-
D 03/07/2017 R D 05-08-2021
Thème Magazine © - Hébergé par Eklablog